Intelligence clinique
Tirer parti de l'IA de Bio6 dans votre clinique
Ce que Cortex, Scribe et la pertinence clinique accomplissent concrètement, leur utilité dans une semaine de clinique, la façon de les déployer et les précautions à prendre.
L'intelligence artificielle de Bio6 se présente comme un assistant qui connaît votre clinique. Il répond à vos questions sur la CNESST, rédige des brouillons de notes, consulte les guides de pratique québécois, et crée vos dossiers, vos rendez-vous et vos factures à votre demande.
Ce guide présente ses fonctions et leur incidence sur une semaine de clinique, avant d'aborder le déploiement et les précautions à prendre.
Cortex, l'assistant qui connaît votre clinique
Cortex correspond au panneau ✨ situé dans l'en-tête. Il répond en français et tient compte de votre contexte : le patient ouvert, la semaine du programme en cours et vos gabarits.
Il répond à vos questions sur Bio6 et sur la CNESST. Par exemple : « Comment créer une facture CNESST AT-138 ? » ou « Quels champs sont obligatoires sur l'AT-505 ? » La question se pose à l'endroit où vous travaillez, sans consulter un manuel ni interrompre une collègue.
Il crée vos enregistrements. Des demandes comme « Créer une note pour l'évaluation d'aujourd'hui », « Planifier un suivi mardi 14 h » ou « Facturer la séance » sont préparées puis présentées sur une carte de confirmation. L'enregistrement n'est créé qu'au moment où vous cliquez sur Créer. Cortex peut ainsi créer un patient, une note, un rendez-vous, une tâche, une facture et un programme d'exercices.
Il résume les notes antérieures d'un patient. Avant une séance, la reprise du dossier passe de plusieurs minutes de lecture à une trentaine de secondes. C'est la fonction que les cliniciens adoptent en premier, puisque le gain est immédiat et le risque nul.
Il structure un parcours de soins. Une demande comme « Crée un parcours de soins automatisé pour le post-opératoire du LCA » fournit une structure à ajuster plutôt qu'une page blanche.
Consulter la littérature sans quitter le dossier
Cette fonction est souvent sous-estimée avant d'avoir été essayée, et c'est celle qu'un assistant générique ne peut pas offrir.
Cortex interroge des sources nommées et présente la réponse accompagnée de sa citation : l'INESSS, l'OPPQ et Choisir avec soin pour les sources québécoises, PEDro, PubMed et Cochrane pour les données probantes, ainsi que ClinicalTrials.gov pour les études en cours.
Le cas de figure habituel est celui d'un patient présentant une tendinopathie de la coiffe qui ne répond pas au traitement. Vous consultez ce qu'indiquent les guides, vous obtenez une réponse sourcée et vous décidez. Le délai entre la question et la réponse passe ainsi de la fin de la journée au moment même de la séance.
Scribe : la note rédigée pendant le traitement
Scribe enregistre ou importe la consultation, la transcrit, distingue les tours de parole entre le clinicien et le patient, puis produit un brouillon de note structurée.
Son apport est le plus marqué lorsque la journée déborde. Après six suivis consécutifs, les notes s'accumulent pour la fin de journée, et Scribe transforme alors la rédaction en relecture. Il en va de même pour l'évaluation initiale de 60 minutes : le brouillon reprend ce qui a été dit, et vous corrigez puis structurez.
La mesure déterminante, et la seule que les cliniciens reconnaissent, est le temps écoulé entre la fin de la séance et la signature de la note. Si cette mesure ne change pas, l'outil n'a pas encore sa place dans votre clinique.
Pertinence clinique : l'aide à la décision fondée sur le diagnostic
En cliquant sur un diagnostic dans le dossier, ou sur le bouton Pertinence clinique pendant la rédaction du plan de traitement, Bio6 affiche une fiche adaptée à la condition et à la semaine du programme où le patient est rendu.
Les recommandations sont regroupées par étape clinique, soit l'examen physique, l'imagerie, l'intervention et l'orientation, avec les indications à privilégier et à éviter, les citations, un niveau d'acuité et un indice de confiance.
L'usage le plus utile ne consiste pas à découvrir une information inédite, mais à valider rapidement que rien n'a été omis dans une condition que vous rencontrez quelques fois par année.
Cortex par message texte
Il s'agit du même agent, joignable par SMS, avec les mêmes permissions et la même piste de vérification que dans l'application.
Par ce canal, Cortex fonctionne en lecture seule. Il peut consulter et répondre, mais il n'écrit rien dans vos dossiers. La joignabilité n'emporte pas l'autorisation d'écriture.
Les fonctions qui ne sont pas encore livrées
L'agent clinique qui proposerait de lui-même des actions à confirmer dans l'application demeure aujourd'hui moins abouti que les réponses sourcées. Cortex ne dispose pas non plus d'une boucle d'outils : il rassemble son contexte avant de répondre plutôt que d'explorer votre base en cours de conversation.
Si une démonstration vous a laissé une impression différente, demandez à voir la fonction sur votre propre clinique.
Comment l'intégrer
Activer l'IA pour l'ensemble de la clinique un lundi matin constitue le meilleur moyen d'obtenir un rejet collectif dès le lendemain.
Commencez par deux volontaires, pendant deux semaines. Choisissez deux cliniciens curieux, en évitant à la fois les plus sceptiques et les plus enthousiastes. Laissez-les utiliser Scribe sur des séances simples, c'est-à-dire des suivis plutôt que des évaluations initiales.
Suivez une seule mesure, soit le délai entre la fin de la séance et la signature de la note. C'est la seule qui parle réellement à un clinicien.
Étendez ensuite l'usage en vous appuyant sur une règle écrite. Précisez ce que l'IA peut rédiger, ce qui doit être relu et ce qui ne passe jamais par elle. Une règle écrite est plus efficace que plusieurs séances de formation.
Une remarque sur l'ordre de déploiement : commencez par Cortex et la recherche documentaire plutôt que par Scribe. Ce sont les fonctions où une erreur est sans conséquence et où l'équipe acquiert de la confiance avant de laisser l'IA intervenir dans une note.
Les précautions
Où sont traitées les données de vos patients
Les traitements portant sur des renseignements de santé s'exécutent sur l'infrastructure canadienne de Bio6, en vertu d'une entente signée avec le fournisseur de modèle. Un appel qui ne remplit pas cette condition est refusé par la plateforme. Il s'agit d'une barrière technique sur le chemin de la requête et non d'une politique interne.
Trois éléments méritent d'être demandés avant toute signature : l'entente de traitement des renseignements, en portant attention à la section sur la conservation; la région d'exécution, la réponse attendue étant une région précise plutôt qu'une mention générale; et la nature de ce qui est journalisé, chaque appel laissant une trace vérifiable.
Dans ses réponses de conversation, Cortex ne divulgue pas les identifiants des dossiers existants, qu'il s'agisse des noms, des dates de naissance ou des numéros de réclamation. Deux fonctions font exception, soit la création de patient et le récapitulatif de notes, et elles empruntent des chemins distincts, gardés séparément.
Qui a accès à l'assistant
L'assistant est réservé au personnel de la clinique. Les patients, les proches aidants et les comptes de vérification n'y ont pas accès, cette restriction étant appliquée côté serveur plutôt que par un simple masquage dans l'interface.
À l'intérieur de la clinique, l'accès suit vos rôles. Si vous ne les avez pas révisés depuis un certain temps, faites-le avant d'activer l'IA.
Ce que vous pouvez désactiver
Sous Paramètres → Clinique → Assistant IA, chaque fonction est listée séparément avec son état courant. La page se lit comme un inventaire : ce qui est actif dans cette clinique en ce moment, et ce qui l'encadre.
Trois états se distinguent, et la nuance compte quand une fonction ne se comporte pas comme prévu.
Actif correspond aux fonctions que votre clinique contrôle et peut désactiver elle-même : l'assistant de conversation, la génération de notes, l'ébauche de rapport CNESST, la lecture de la trajectoire de récupération.
Indisponible sur ce déploiement signifie que l'activation se fait au niveau de la plateforme plutôt que dans vos réglages. C'est le cas de la pertinence clinique. Aucune manipulation de votre côté ne la fera apparaître, et c'est à Bio6 qu'il faut s'adresser.
Consentement requis s'applique au scribe : la fonction est disponible, mais chaque enregistrement exige le consentement consigné du patient. Ce n'est pas un réglage à activer une fois, c'est une condition vérifiée à chaque séance.
La désactivation prend effet immédiatement et n'efface rien de ce qui a déjà été produit : une note signée demeure une note signée.
Une fonction qui semble activée mais échoue systématiquement relève presque toujours de la deuxième ou de la troisième catégorie. Lisez l'état affiché avant de conclure que l'IA ne fonctionne pas : la page dit lequel des trois cas s'applique.
Ce qui surprend les cliniciens
Un micro dans une pièce silencieuse produit du texte sans fondement. Les modèles de transcription génèrent du contenu même en l'absence de parole exploitable. Évitez donc d'enregistrer une salle vide ou de laisser l'enregistrement se poursuivre entre deux patients.
La langue de la séance a une incidence. Une consultation qui alterne le français et l'anglais produit un brouillon de moindre qualité qu'une consultation menée dans une seule langue. Prévenez votre équipe, faute de quoi elle conclura que l'outil est déficient.
Le brouillon n'est pas la note. Le risque principal n'est pas que le modèle se trompe, mais qu'il paraisse avoir raison. Un texte bien rédigé est relu avec moins d'attention qu'un texte maladroit. C'est là que se situe le véritable enjeu de sécurité, davantage que dans la technologie elle-même.
Questions fréquentes
Nos données servent-elles à entraîner le modèle ?
Il s'agit précisément de la question à poser par écrit à Bio6 et à faire confirmer dans l'entente de traitement. Une réponse verbale en démonstration ne suffit pas : demandez la clause.
Faut-il faire signer un consentement aux patients ?
La position adoptée par la plupart des cliniques consiste à annoncer qu'un outil d'aide à la rédaction est utilisé et que le clinicien demeure responsable de la note. Validez la vôtre auprès de votre ordre professionnel, les attentes variant d'une profession à l'autre.
L'IA peut-elle modifier un dossier sans intervention ?
Non. Une action est préparée puis présentée sur une carte de confirmation, et rien n'est créé tant que vous n'avez pas cliqué. Par SMS, l'agent demeure en lecture seule et ne peut rien écrire.
Combien de temps avant d'observer un gain ?
Deux semaines avec deux volontaires suffisent généralement à trancher. Si le délai entre la séance et la signature de la note n'a pas changé après deux semaines d'usage réel, il est préférable de ne pas élargir le déploiement immédiatement.
Peut-on n'activer qu'une partie des fonctions ?
Oui. Les deux réglages sont indépendants : vous pouvez conserver la rédaction assistée et désactiver les fonctions d'agent, ou l'inverse.
Pour aller plus loin
- Paramètres de la clinique, où se trouvent les rôles et les réglages
- Premiers pas avec Bio6, le déroulement d'une journée
- Passer à Bio6 en 30 jours, à consulter en premier si la bascule n'est pas encore faite
Autres guides
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